Métiers du growth marketing : ce que les offres d’emploi ne disent pas
Vous pensez connaître les métiers du growth marketing ? Missions, outils, compétences, galères, recherche d'emploi quand on débute dans le growth... 10 pros m'ont raconté ce que Google ne dira jamais.



Sommaire
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Vous pensez que le growth marketing, c’est juste des tests, des hacks et des funnels ?
Tapez “métiers du growth marketing” sur Google ou allez faire un tour sur Welcome to the Jungle : vous trouverez des fiches métiers très théoriques, des missions aux contours flous… mais rarement une vision concrète du terrain.
Alors j'ai choisi une autre approche. J'ai mené l'enquête. J’ai interviewé 10 pros du growth, aux profils, parcours et contextes très différents. Résultat : une plongée dans des métiers bien plus riches qu’il n’y paraît, une réalité parfois complexe, mais surtout ancrée dans l’expérience.
Leur quotidien, leurs galères, leurs apprentissages, ce qu’ils auraient aimé savoir avant de se lancer… je vous raconte tout.
Avec une promesse : vous livrer des clés claires, concrètes et actionnables.
Prêt à découvrir ce que les fiches métiers ne vous diront jamais ?
Suivez-moi, on entre ensemble dans les coulisses du marketing de croissance.
Au-delà des fiches de poste : pourquoi j’ai mené l’enquête
J’ai voulu aller au-delà des syllabus de formations et des « postes à pourvoir ». Comprendre, en vrai, ce que recouvrent les métiers du growth marketing.
Comment se passe une journée type ? Quelles sont les missions concrètes ? Les outils utilisés ? Les difficultés réelles ?
À l’origine de cette démarche, un accompagnement APEC dans le cadre de ma reconversion. Mon conseiller me suggère de mener une "enquête métier". J’adore l’idée. Curieuse de nature, je saute sur l’occasion.
D’abord, j'ai suivi une formation Udemy sur le ciblage, scraping et enrichissement. Je vous explique ce que j’ai appris et comment j’ai appliqué la théorie à la pratique, pas à pas.
Ensuite, j’ai mené une campagne de prospection LinkedIn automatisée auprès des professionnels du Growth. Je vous partage ma méthodologie, mes erreurs et mon avis sur les deux outils testés : La Growth Machine et Waalaxy.
Mon objectif était double :
- confirmer ou infirmer mes hypothèses sur le quotidien du métier,
- m’aider à tracer ma propre feuille de route en identifiant les compétences prioritaires et les voies d’accès.
C’est comme ça que je me suis retrouvée à interviewer une dizaine de profils aux parcours variés : responsable acquisition, sales ops, freelance, specialistes inbound, growth outbound…
Et c'était bien plus instructif que n'importe quel cours en ligne.
3 archétypes du growth : technicien, sales, touche-à-tout
Trois types de profils, trois manières d'aborder le marketing de croissance
Premier enseignement : il n'y a pas un seul profil type, mais une mosaïque de parcours.
Certains sont des anciens développeurs, d'autres des ex-sales, d'autres encore des marketeux passés par l'inbound. J'ai noté trois grandes tendances :
1. Les tech
Certains les appellent les “puristes”. Ils automatisent tout et codent eux-mêmes des scripts pour aller plus vite. Julien utilise Python pour collecter des insights, Baptiste pilote toute la donnée client avec une stack complète.
2. Les commerciaux augmentés
Ils viennent de la vente, mais avec une culture data et marketing très forte. David par exemple optimise des parcours clients, score les leads, crée des dashboards pour piloter l'activité. Quant à Romain, il occupe un poste de Sales Ops et Marketing.
3. Les généralistes
Ils bossent sur le SEO, les workflows HubSpot, la création de contenu, l’influence et les partenariats, les campagnes paid & organiques, des programmes de referral ainsi que le nurturing.
Sarah par exemple oscille entre stratégie d’acquisition avec une vision full funnel, casquette de CRO et market Ops. Rien que ça !
Cette polyvalence a été un avantage pour Anne.
“Quand je cherche un emploi, je sais que mon gros atout est de savoir faire plein de choses.”
Mais aucun ne se revendique “Growth Hacker”.
Pourquoi ? Parce que ce terme, largement galvaudé, relève plus du mythe marketing que d’un vrai métier.
Ces profils préfèrent parler d’apprentissage rapide, d’automatisation, de data, de performance. Pas de “hacks” ou de “piratage de croissance”.
Ils maîtrisent des briques techniques pointues, mais gardent les pieds sur terre : le growth, pour eux, c’est une approche, pas un titre.
Growth marketing : un intitulé, des réalités multiples
Selon Growth Talent, il existerait 7 métiers du Growth.
Parmi les 10 interviewés, aucun n’exerce exactement le même métier mais tous gravitent autour de l’acquisition, l’expérimentation et la mesure de la performance. Le terme “growth” fonctionne ici comme un prisme plus que comme une fiche de poste.
Il se décline selon le profil Growth recherché par :
- la taille de l’entreprise : plus la structure est petite, plus le growth est “fullstack”, touche-à-tout comme le dit Clément
“En startup, tu fais un peu de tout : deux jours de paid, deux jours de créa, un jour d’ops… c’est le grand écart.”
- la maturité de l’équipe : certains sont les seuls à ce poste, d’autres travaillent dans des équipes constituées.
- la typologie de clients : 9 pros sur les 10 sont orientés B2B (ciblage fin), alors que seule Anne est en B2C (acquisition volume).
- la spécialisation : growth engineer, outbound specialist, demand generation manager, paid manager, growth analytics, growth CRM…
- la séniorité : Responsable growth marketing, Head of growth, growth marketing manager…
D’ailleurs, Julien se revendique hyper-spécialiste en SEA et social paid et prône les profils T-shaped.
Là où Clément revendique un rôle de bricoleur de funnel, du contenu à l’ops.
“J’ai rapidement senti que je ne pourrai pas être excellent sur tous les sujets. A un moment, tu dois jouer la carte du spécialiste.”
Ce que j’ai appris sur les missions du growth
Un quotidien pluriel, à la croisée des chemins
Le point commun de tous les interviewés : aucune journée ne se ressemble.
Le growth marketing, c’est l’anti-routine par excellence.
C’est un mélange d’analyse d'insights, de tests, d’optimisations, d’intégrations, de discussions produit et de coordination avec les sales. Chacune de ces actions s’inscrit dans une stratégie de croissance pensée pour maximiser l’impact à chaque étape du funnel.
Anne résume bien ce grand écart quotidien :
“On n’est jamais à 100 % sur un seul rôle : on oscille entre ops, sales, analytics, produit, marketing… et souvent tout ça à la fois.”
Une hybridation permanente. A la fois une richesse…et un vrai défi.
Leur quotidien ? Analyse, tests, itérations et automatisation. Une boucle sans fin.

J’ai remarqué une divergence sur les cycles de ventes : cycle long en B2B vs boucle rapide en B2C . Anne gère des campagnes social ads à retour quasi immédiat, tandis que les 9 autres opèrent sur des cycles à plusieurs mois, multipliant les points de contact.
Anne le résume ainsi : “On est toujours dans l’opérationnel. On doit tester des choses rapidement. Quand on sent qu’un canal fonctionne, on scale.” Ce tempo effréné impose de savoir où mettre son énergie et d’accepter qu’il y aura toujours plus à faire que de temps pour le faire.
D’ailleurs la priorisation extrême est un sujet qui est revenu au fil des conversations. Face à l’infinité des idées, chacun évoque l’arbitrage “impact vs effort”. Sarah rappelle qu’on ne peut pas tout faire : "Il y a un besoin constant de prioriser, car on a toujours 100 idées et il faut savoir dire non pour rester focus."
Une obsession commune : la performance ou rien
Dans les métiers orientés acquisition, on ne cherche plus à collectionner les likes. L’heure n’est plus aux vanity metrics qui flattent l’ego mais n’apportent rien au business. Ce que les pros traquent, c’est la performance réelle, celle qui génère de la croissance.
Bastien me l’a bien résumé :
“Notre rôle, c’est de faire avancer le business. Il faut qu’on soit connecté au revenu. Sinon, on fait du marketing dans le vide.”
Et cet impact se mesure. Le premier réflexe, c’est donc de choisir des indicateurs actionnables.
Concrètement :
- Combien de rendez-vous clients ont été bookés grâce à la dernière campagne ?
- Quel chiffre d’affaires a été généré ?
- Quels canaux ont réellement performé (email, LinkedIn, webinars, display) ?
- Quelle équipe (Sales, SDR, Customer Success) a converti ?
Ce niveau de détail change tout : on ne regarde plus seulement si la machine tourne, on identifie précisément quel rouage fait le travail. Cette approche permet d’arbitrer plus finement, d’optimiser les ressources, et d’amplifier ce qui fonctionne réellement pour accélérer la croissance.
Mais pour mesurer, encore faut-il comprendre les données.
Julien le dit cash :
“Sans tracking, tu navigues à vue.”
Avant même de faire parler les chiffres, il faut :
- connaître leur origine,
- cerner les méthodes de calcul,
- et savoir ce qu’ils représentent.
Ensuite seulement, on structure :
- nettoyage des bases,
- synchronisation des outils,
- connexion CRM–dashboards,
- segmentation par canal, par étape du funnel, par rôle.
Un même chiffre mal interprété ? C’est une fausse bonne idée en embuscade.

Deux grandes familles d’indicateurs émergent
1. Les indicateurs expérimentaux
Ils sont directement liés à la logique du framework AARRR (Acquisition, Activation, Rétention, Referral, Revenu). Ils permettent de tester, itérer, mesurer l’effet d’un levier précis et d’assurer une expérience client cohérente sur l’ensemble du parcours.
Ce sont des signaux courts, souvent combinés à des insights qualitatifs pour identifier un point de friction, analyser un abandon, affiner un parcours. L’idée : agir vite sur les zones à fort levier, là où ça bloque ou là où ça peut scaler.
2. Les indicateurs de pilotage
Ils sont utiles sur le temps long : panier moyen, CAC, LTV, churn, taux de conversion, revenus mensuels récurrents (MRR), etc. Ils alimentent des dashboards stratégiques, adaptés aux différents interlocuteurs (brand, sales, direction). Et parce qu’on ne peut pas tout surveiller en permanence, ils sont souvent accompagnés d’alertes ou d’automatisations pour ne rien rater.
Tous les pros me l’ont répété : la donnée n’a de valeur que si elle éclaire une décision. Les meilleurs growth marketers ne sont pas ceux qui collectent le plus de chiffres, mais ceux qui savent les relier à une action concrète. Et ça, c’est un vrai mindset.
Growth & Sales : un duo explosif
Clément, Romain et David sont catégoriques :
Le growth marketing ne fonctionne pas en vase clos.
La collaboration avec les Sales est non seulement utile… elle est indispensable.
Et elle ne commence pas une fois les leads générés.
Tout se joue bien avant, sur :
- l’alignement des ICP,
- les critères de scoring,
- le niveau de qualification attendu,
- les retours terrain, précieux.
Résultat : pousser des leads dans le CRM ne suffit pas.
Ils doivent être pertinents et exploitables. Sinon ? Ça n’ira nulle part.

Pour ça, rien ne vaut une immersion. Clément me racontait s’être littéralement assis à côté des SDR pour écouter leurs appels, ajuster le discours, et tester lui-même quelques cold calls. Romain évoque une posture de "shadowing" : observer, poser des questions, comprendre le mindset Sales.
Julien insiste sur l’importance des feedbacks post-campagne :
“ ‘Pourquoi ce lead a converti ? Pourquoi celui-là a été rejeté ?’ Ces discussions régulières permettent d’éviter les dissonances et d’optimiser le funnel à chaque étape.”
Au-delà des Sales, il est aussi vital d’avoir une coordination fluide avec les équipes Produit, Data, Customer Success ou encore Design. Travailler de façon transversale permet d’optimiser l’expérience utilisateur de bout en bout, d’affiner les messages, de prioriser les chantiers et de renforcer l’impact business à chaque point de contact.
Le top 3 des missions évoquées
3 missions sont revenues dans 100% des entretiens.
1. Growth Acquisition : le nerf de la guerre
Tous les interviewés placent cette mission en tête, et certains s’y consacrent à 100%. Qu’on soit junior ou responsable acquisition, cette mission reste centrale.
Que ce soit via des campagnes outbound, paid, SEO, l'automatisation ou toute autre action de marketing numérique, ce sont eux qui doivent générer du lead, créer du pipe et mesurer l’impact.
Et pour ça, les professionnels doivent savoir utiliser des techniques adaptées à chaque canal pour maximiser leur portée.
- Cerner et connaître par coeur ses ICP, investiguer les secteurs et entreprises cibles, détecter les signaux
- Scraper, enrichir, structurer la donnée : c’est le point de départ incontournable pour tout scénario outbound.
- Créer des campagnes marketing multicanales : séquences emails, cold emailing LinkedIn, Ads, marketing sur les réseaux sociaux, SEO, etc.
- Construire des assets de campagne : landing pages, visuels, copywriting en A/B testing, mise à jour du site web.
“L’objectif reste toujours de générer du lead. Si possible, le plus qualifié possible.” – Anne
2. Activation, Rétention, Recommandation et Revenu : suite du framework AARRR
Certains vont plus loin que la génération de leads mais reste minoritaires : 2 personnes sur les 10 rencontrées.
“Chez nous, le growth s’occupe aussi de l’activation. Pas juste de faire venir le lead mais de s’assurer qu’il passe à l’action.” me dit Clément
Sarah est celle qui touche à tout le framework AARRR :
“J’ai mis en place un programme de referal et je fais aussi pas mal de CRO (optimisation des taux de conversion sur le site) et je coordonne le tout avec les équipes sales, produit et care pour que l'expérience soit fluide du début à la fin.”
3. L’automatisation
Une vraie lame de fond. Scraping, enrichissement, séquences, follow-up, intégrations entre outils, intent data, flux d'informations... Les growth marketers automatisent tout ce qui peut l’être et ils devraient.
“Le temps est limité. Alors on automatise tout ce qui est répétitif.” - Baptiste
Débuter dans le growth marketing : par où commencer (et ne pas se cramer) ?
Un socle incontournable : logique, data, culture business et débrouillardise
Si vous débutez, oubliez l'idée qu'il faut tout savoir faire dès le départ. Ce qu’il faut, c’est cerner la logique derrière chaque levier. Cela permet ensuite de les articuler dans une stratégie growth cohérente et scalable.
Tous les professionnels interrogés sont clairs : ce métier s’adresse avant tout aux profils curieux, analytiques et débrouillards. Mais au-delà de ces soft skills, les compétences d’un growth reposent aussi sur une compréhension fine des leviers business et une capacité à mettre en œuvre des stratégies marketing innovantes adaptées à des environnements mouvants.
Julien résume : “Il faut être débrouillard, aimer chercher, comprendre pourquoi ça marche ou pas.”
Paul complète :
“Tu ne dois pas être expert partout, mais comprendre la logique derrière chaque levier.”
Pour Sarah les softskills prioritaires à développer sont : “analyse de données/data driven (tout doit être au service des enjeux business), créativité, capacité à prioriser, gestion de projet, culture produit/business.”
Maîtriser l’analyse de données permet de mieux ajuster ses campagnes et identifier les signaux faibles.
Il y a aussi les outils de marketing digital à maîtriser en priorité car ils font partie des compétences en marketing désormais indispensables :
- Vision business et mindset sales
- Logique de tunnel (funnel AARRR)
- Les mécaniques des différents outils et canaux
- CRM, automation et bases de données
Les outils : une boussole, pas une destination
Il n’est pas question de devenir un expert de chaque outil, mais de connaître leur rôle et leur complémentarité. Ce qui compte, c’est la capacité à apprendre vite n’importe quel outil, au moment où on en a besoin.
Sarah me l’a dit très simplement :
“Il faut surtout savoir apprendre vite n’importe quel outil.”
Juliette insiste : "Tu dois au moins savoir utiliser un outil d’automatisation et un outil de scraping."
Romain recommande une approche pragmatique : “Un outil par usage : scraping, enrichissement, emailing.”
Julien, lui, plaide pour une spécialisation claire : être parfait sur un canal, tout en comprenant les mécaniques des autres. Et si vous choisissez l’outbound pour commencer, il faudra exceller en technique comme en copywriting. "C’est un canal plus exigeant, il faut une vraie finesse d’écriture", me disait-il.
Autre constante : la maîtrise d’un CRM comme HubSpot ou Salesforce. Pas pour faire de jolies campagnes cliquables. Pour concevoir des workflows qui convertissent vraiment. Il faut pouvoir justifier de sa capacité à structurer des séquences, scorer les leads, suivre les conversions.
Anne, elle, passe ses journées sur Google Analytics à analyser les insights pour piloter ses campagnes.
Voici la stack la plus souvent citées par les Responsables growth marketing interviewés :
- Hubspot ou Salesforce pour le CRM
- Lemlist, PhantomBuster, LinkedIn Sales Navigator, Waalaxy et La Growth Machine pour l’outbound et la prospection marketing multicanale
- Zapier, N8N, la suite Google, Make, Airtable, Bubble et de l’IA pour l’automatisation des workflows et les reportings
- Meta, LinkedIn et Google Ads pour le Paid
- Notion et Slack pour la documentation et la collaboration

Une première maîtrise des outils d’automatisation marketing et des compétences techniques de base permet de structurer des campagnes efficaces dès les premières missions.
Se former au Growth marketing
Ce qui ressort de toutes les discussions, c’est l’importance d’apprendre en continu, mais de manière structurée et ciblée. Pas de dispersion ni de collectionnite aiguë de formations : il faut apprendre en faisant.
Les formations et certifications recommandées :
Les certifications comme HubSpot, Suite Google ou encore LinkedIn Ads.
“Prends 5-6 outils les plus utilisés et certifie-toi." me recommande David
Bootcamps : Le Wagon, Lion, Mantra pour citer les plus connus.
Ces formations express vous offrent l’opportunité d’acquérir des techniques simples, de développer votre connaissance des outils digitaux et de vous projeter dans le métier de Growth Marketing Manager.
En revanche, Anne juge certains programmes trop superficiels pour pénétrer la réalité du job.
"Les formations bougent trop vite donc sont vite obsolètes. Avec le contenu en ligne, tu as déjà une bonne vision."
L’Immersion terrain :
Anne est convaincue que les stages ou programmes d'immersion (voir l'article sur les dispositifs d'immersion professionnelles) permettent de mieux confronter la théorie à la pratique.
“ Le vrai apprentissage, c’est d’être plongé en agence ou en freelance.”
Les contenus gratuits :
- Les cours gratuits type “Academy” des outils comme Make, Zapier, Hubspot, Webflow, Notion, etc.
- Les newsletters : Bulldozer, Scalezia ou encore Growth Room
- Les podcasts : Conquête, Wild Marketer, Marketing B2B...
- Les ressources communautaires : les feeds LinkedIn d'experts et influenceurs, les communautés Slack comme growthhacking.fr ou Substack...
- YouTube aussi revient souvent pour l’apprentissage technique (LinkedIn Ads, scraping…)
Bastien confirme :
“J’avais des notions en SEO et je suis rentré par ça. 95% de ce que j’ai appris se trouvait sur Youtube”
Testez, ratez, apprenez : pourquoi le side project est votre meilleure école
Le conseil le plus répété ? Créer son side project.
Une newsletter, un blog, une fausse campagne… L’important c’est de pratiquer.
Clément : “Fais un projet perso. Peu importe, mais pratique !”
Paul complète :
“On n’apprend pas ces métiers de l’expérimentation dans les livres. Tu prends un projet, tu poses un but, tu te fixes 4 semaines, et tu testes.”
Le side project, c’est un laboratoire sans enjeu client, parfait pour :
- Pratiquer les outils
- Décortiquer un full-funnel
- Expérimenter des stratégies marketing innovantes sans contrainte business immédiate
Et devinez quoi ? C’est exactement ce que j’ai fait avec ce site !
Le freelancing : méthode rapide et concrète pour monter en compétence
Se lancer en freelance ? Contre-intuitivement, c’est un excellent levier d’apprentissage. Plusieurs profils le recommandent.
“J’ai fait deux ans de freelance. C’était le meilleur moyen de me faire la main sur des vrais projets.” - Baptiste
Pour Romain, le freelancing permet de :
“Faire du freelancing, c’est se confronter tout de suite à des contraintes réelles, des clients, des budgets, des résultats à suivre.”

Je raconte à Bastien mon parcours et mes 10 ans d'expérience en LinkedIn Ads. Julien explique sa démarche s’il était à ma place :
“Commence sur Malt en proposant des prestations LinkedIn Ads pour des clients B2B. Quand tu as un vrai prospect, tu crées à ce moment-là ton statut de freelance. Il faut juste être transparente.”
À retenir :
- Soyez clair sur vos compétences, limites et tarifs,
- Ne visez pas la perfection, lancez-vous avec méthode et humilité,
- Appuyez-vous sur votre réseau et vos premiers retours clients.
Freelancer tôt, c’est aussi construire sa légitimité par la pratique, et développer des réflexes indispensables sur le terrain.
Ce que les pros m’ont confié… et que vous ne trouverez pas sur Google
On trouve des milliers d’articles sur ces fonctions.
Mais aucun ne m’a autant appris que ces conversations off, menées sans langue de bois avec 10 professionnels du métier.
Voici ce qu’ils m’ont confié et que vous ne trouverez pas dans une fiche métier.
1. Le Growth est un métier… politique
Baptiste a mis les mots sur une intuition que je traînais :
“Tu peux avoir la meilleure stratégie, si t’as pas embarqué les Sales ou le CEO, tu feras du sur-place.”
Le growth, ce n’est pas un empilement de campagnes.
C’est un jeu d’adhésion, de conviction, d’arbitrage.

Julien, lui, a vécu le revers de la médaille :
“Je perds l’attribution, je perds en légitimité.”
Quand l'information circule mal, c’est tout le rôle du growth marketer qui vacille.
L’attribution, ce n’est pas un outil. C’est un levier de reconnaissance en interne.
2. Le bon outil ne remplace jamais une bonne question
Waalaxy, PhantomBuster, Dropcontact, Captain Data… Tous les pros les utilisent.
Mais aucun ne leur voue un culte.
Clément est clair :
“Ne commence jamais par les outils. Commence par ton objectif.”
Le bon stack, c’est celui qui répond à ton contexte, pas celui que tout le monde cite sur LinkedIn.
3. Penser comme un growth, c’est un shift mental
Ce qui m’a le plus marquée dans ces échanges ?
Pas la technique. Ni les hacks.
Mais la façon de penser, d’itérer, d’apprendre. Un vrai mindset.
j’ai compris que ce métier exige un mindset radicalement différent de celui qu’on adopte en marketing traditionnel.
A. L’obsession des hypothèses
Tout commence par une question.
Bastien le dit sans détour : “Le plus dur, ce n’est pas d’exécuter, c’est de formuler des hypothèses solides.”
Ici, on ne lance pas une campagne “parce que ça se fait”.
On teste pour valider une hypothèse métier.
B. Apprendre vite, tout le temps
Ils n’attendent pas la formation parfaite.
Ils testent.
Ils itèrent.
Ils ajustent.
Quentin résume :
“Quand je ne sais pas faire, je trouve un use-case concret, je regarde un tuto, je teste. Et je documente.”
Leur réflexe ? L’action avant la perfection.
Leur obsession ? L’impact business.
Julien partage :
“Quand tu lances une campagne, que tu génères de l’intérêt et que tu convertis vite… c’est grisant. Tu vois concrètement les opportunités générées.”
Mais ce rythme vient avec une pression permanente du résultat.
Baptiste me livre que :
“Tu bosses en test & learn, mais t’as pas toujours le temps de ‘learn’. Il faut que ça marche, point.”
C. Ne jamais se reposer sur ses acquis
Les professionnels apprécient massivement la liberté d’expérimentation qu’offre leur rôle.
Paul est catégorique :
“Si je ne teste rien de nouveau chaque semaine, je stagne.”
Le growth, c’est un terrain mouvant.
Ce métier demande de l’humilité, de la curiosité et de la régularité.
Juliette confirme :
“Tu peux prouver ta valeur rapidement. Pas besoin d’attendre six mois.”
Julien conclut :
“Ce qui compte, c’est de comprendre le fonctionnement, poser les bonnes questions, challenger.”
4. Le growth marketer vu comme un “assistant” des Sales ?
Révélation inattendue mais partagée :
la relation avec les commerciaux est souvent complexe.
Romain l’a résumé ainsi :
“On devient l’assistant des Sales si on ne pose pas de cadre.”
La tension est réelle :
Générer du business sans perdre la vision stratégique.
Mais certains nuancent.
Ils voient la proximité avec les commerciaux comme une vraie opportunité pour affiner les campagnes et adapter les discours, comme Paul :
“J’aime bien être au cœur du business. Les retours terrain des Sales, ça te pousse à t’améliorer.”
Conclusion ?
La collaboration avec les Sales peut être compliquée… ou puissante.
Tout dépend du cadre posé, et de la clarté du rôle.
Débuter en marketing de croissance : les erreurs à éviter
Trop tester sans méthode
Vouloir tout tester, tout de suite, c’est tentant. Mais sans une méthodologie solide, on disperse ses efforts au lieu de les capitaliser. Le growth n’est pas une succession de hacks : c’est une stratégie structurée.
Sarah met en garde :
“On se concentre trop sur l’acquisition et pas assez sur la rétention ou le produit.”
Et Anne le rappelle avec justesse : “On fait plein d’erreurs, mais c’est le jeu.”
Négliger l’analyse et les retours terrain
Ne pas analyser les données ou mal le faire revient à piloter à vue.
Autre écueil : rester dans sa bulle.
“Si tu ne parles pas aux clients, tu construis des hypothèses dans le vide.” - Sarah
Il faut parler à ses utilisateurs, comprendre leurs attentes, ajuster ses messages. Et élargir son benchmark au-delà des concurrents directs : veille marché, arguments commerciaux, positionnement… Tout compte.
Mal collaborer avec les Sales
C’est sans doute l’écueil le plus sournois. Le mindset sales est souvent court-termiste, drivé par les résultats au quarter. Cela crée des tensions.
Juliette est lucide : “Il y a beaucoup d’ego. Il ne faut pas se laisser influencer par le besoin d’un Sales.”
Romain enfonce le clou : “On attend tout de toi, mais sans jamais te dire où t’arrêter.”
La data : un mur à franchir
Lire la donnée n’est pas naturel pour tout le monde. Savoir identifier un KPI pertinent, lire un tableau de bord, ou corréler des actions à des résultats réels… Ce sont des compétences techniques clés, mais pas si intuitives.

Le plus difficile, selon plusieurs interviewés ?
“Les idées préconçues… que la data finira par contredire.” - Anne
Il faut donc apprendre à se détacher de ses biais, à aimer être contredit, et à ajuster rapidement.
En somme, le débutant en growth n’est pas attendu comme un expert : il est attendu comme un stratège pragmatique, capable d’écouter, d’analyser, de tester… et surtout d’apprendre vite.
Où postuler quand on débute ? Le bon choix de structure peut tout changer
Quand on veut se reconvertir ou se spécialiser dans le growth marketing, le choix de l’entreprise est presque aussi stratégique que celui des outils. Toutes les structures ne se valent pas pour trouver le poste de rêve de Growth Marketer.
Les petites structures : le terrain de jeu idéal
Travailler dans une startup early stage est souvent la meilleure option pour débuter. Pourquoi ? Parce qu’on touche à tout.
Paul me dit : “Une petite boîte qui n’y connaît rien, c’est l’idéal pour lancer 1 ou 2 canaux, apprendre vite, gérer des freelances.”
Romain confirme :
“ Dans une petite boîte, tu vas te faire les dents toute seule, c’est très formateur.”
David recommande une taille critique de 10 à 20 personnes : “Assez grosse pour avoir autre chose qu’Excel, mais jeune et agile.”
Binômes et équipes réduites : montée en compétence assurée
Julien conseille de viser une équipe où il existe déjà un marketer expérimenté, en brand ou produit :
“Propose un binôme pour faire du growth. Aujourd’hui, tu n’as pas toutes les compétences, mais tu peux te former, lancer des canaux avec une approche ROIste.”
Dans les équipes de 3 à 4 personnes, chacun apprend à travailler en synergie et peut creuser un sujet en profondeur. Idéal pour acquérir des nouvelles compétences sans être livré à soi-même.

Les agences : l’école de la polyvalence
Romain recommande les agences comme “Collègues jeunes mais très polyvalents. Très formateur.”
On y enchaîne les use cases, on s’adapte vite.
Mais Baptiste nuance :
“Quand tu bosses en agence tu n’es pas orienté ROI. Tu dois faire plein d’impressions mais il n’y a pas de réflexion.”
Les grosses structures : à aborder avec prudence
Attention à ne pas atterrir dans une boîte de 100+ personnes où la fonction growth est mal comprise ou isolée. Juliette prévient : “Si la fonction growth est seule, sans lien avec les sales, ce n’est pas bon signe.”
Julien met en garde contre un excès de confiance : “Il ne faut pas se survendre.” Il me conseille de partager ma proposition de valeur en entretien et de promettre des résultats par les moyens : “Vous êtes là, et je vous promets d’arriver là.”
Dans ces environnements, la spécialisation est attendue.
Julien rappelle :
“Une boîte déjà structurée c’est risqué pour un profil junior. On cherche des spécialistes.”
Le plus important : une culture growth assumée
Sarah résume parfaitement l’environnement idéal :
“Les startups early stage sont top pour apprendre vite. Mais il faut aimer l’intensité ! Les boîtes un peu plus structurées sont bien aussi pour avoir de bons process et mentors.”
Le point clé ? Que le CEO ou le Head of Growth comprennent réellement ce métier.
“Sinon, tu risques de ramer pour faire valider tes idées.” me dit Sarah.
Pour résumer : où postuler en tant que growth junior ?
Tableau récapitulatif sur la base des conseils et du vécu des 10 experts interviewés :
Type de structure | Les avantages | Les limites à anticiper | Pour quel profil ? |
---|---|---|---|
Startup early stage(< 20 personnes)
|
Vous touchez à tout
Apprentissage rapide
Lancement de canaux
Gestion de freelances
Environnement agile et réactif
|
Peu (ou pas) de process
Peu de mentorat
Forte intensité
|
Débutant curieux, autonome, qui aime l'action et apprendre en testant |
Équipe réduite avec un marketer senior
|
Vous apprenez en binôme
Vous montez vite en compétences
Vous êtes cadré sur les objectifs
Vous gagnez en légitimité
|
Il faut assumer de ne pas tout savoir
Besoin d’un bon fit humain
|
Junior motivé, prêt à apprendre, à condition d’avoir un référent solide
|
Agence Growth
|
Multiples cas clients
Culture test & learn
Rythme soutenu
Compétences transverses
|
Parfois peu de vision business ou ROI
Risque d’exécution sans réflexion
S’enfermer dans une seule spécialisation / canal
|
Débutant adaptable, qui veut vite monter en puissance et explorer des problématiques clients variées
|
Grande entreprise structurée (+100 pers)
|
Process en place
Spécialisation possible
Equipes multiples
|
Attentes élevées
Attention si la fonction growth est mal comprise ou isolée
Peu de marge de manœuvre
Les contraintes communes aux grandes entreprises (process, lenteur, jeu politique ++, etc.)
|
Plutôt pour des profils déjà spécialisés ou seniors
|
Ce que j’ai retenu pour ma propre trajectoire
Ces 8 entretiens ont agi comme un révélateur. Pas une révélation soudaine, mais un filtre de clarté. J’ai pu distinguer ce que je projette sur ce métier… et ce qu’il peut réellement m’apporter en termes d’évolution de carrière.
Première confirmation : je suis au bon endroit.
Le mindset, l’itération, la recherche d’impact mesurable, la liberté d’exécution : tout ça m’a parlé. Je ne veux pas devenir dev. Je veux décortiquer les systèmes, connecter les points, décortiquer les leviers ce qui suppose une réelle aisance en analyse de données pour orienter ses actions.. Exactement ce que ces pros font au quotidien.
Deuxième apprentissage : je dois accepter de démarrer plus “technique”.
Beaucoup m’ont confirmé que le growth commence souvent par des missions d’outbound, de prospection et d’automatisation. C’est une étape stratégique pour développer mes compétences techniques en marketing, maîtriser les bases et analyser les process.
Troisième enseignement : je dois continuer à documenter, tester, montrer.
Il faut montrer ce qu’on sait faire.
Tous m’ont conseillé d’avoir un “portfolio” de projets : stack utilisé, objectifs fixés, résultats obtenus. Pas besoin que ce soit parfait, mais visible et tangible.
Enfin, je mesure mieux ce que je veux… et ce que je ne veux pas.
J’ai envie d’être un chaînon entre les équipes, de penser aussi stratégie, d'appréhender le business model. Je n’ai pas vraiment envie d’être spécialiste d’un canal et de faire que ça de mes journées mais plutôt de construire un profil Growth polyvalent avec une vision stratégique.
Mon objectif est donc clair : viser une montée en compétence rapide sur les outils et les process, tout en gardant en ligne de mire un rôle plus “growth marketing” que “growth hacking”.
Bref, ces interviews m’ont aidée à affiner mon cap. Pas en validant tout, mais en me confrontant à la réalité terrain. Et c’est exactement ce dont j’avais besoin.
Ce qu’il faut retenir
- Le growth marketing n’est pas une spécialité, c’est un état d’esprit orienté test, données et impact business.
- Il n’existe pas un profil type, mais des combinaisons de compétences : data, tech, copywriting, CRM, automation.
- Pour débuter, mieux vaut viser une petite structure, une agence ou un binôme complémentaire.
- Le side project et le freelancing sont deux excellents leviers pour se former… et se vendre.
- Ne vous fiez pas aux titres de postes en Growth Marketing. Posez des questions, creusez le besoin business, montrez que vous comprenez les enjeux.
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A propos de l'auteur


Après 12 ans en marque employeur, Célia a décidé de prendre un nouveau tournant et de se reconvertir dans le Growth Marketing.
Formations, certifications et expérimentations terrain : elle a développé ses compétences et est maintenant prête à se lancer sur le marché du travail.
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